Et un dimanche soir, arte en fond, à attendre chinaski je n'arrive pas à me sortir tout ca de la tête. Se repasser des conversations, des moments qu'on a l'impression de gacher peut être aussi pénible que regarder un gars qui tressaute de mort sur scène pendant de très longues minutes. Elle me demande si je m'ennuie et je ne vois pas comment dans cet après midi. Par contre à d'autres moments, c'est tout autant pénible ce creux à se dire que ce n'est que les gens ennuyeux qui s'ennuient. En ce moment, même dans mes angoisses je me sens banale. J'ai du mal à trouver le moyen de changer de rythme.
Html vintage parce que les dates ne font pas tout. Je suis peut être un brin froissée finalement. C'est joli comme terme et en secouant un peu la tête ce n'est pas très marqué.
Dans ma tête, d'ailleurs, le mot clé résolution semble être agrandir. J'utilise résolutions pour envies et besoins. Malgré mon affirmation, on est le 1er janvier après tout.
Hier avant d'aller boire du vin pour se raconter nos derniers mois avec décor tables en bois et sourires du serveur, je suis allée acheter du café et des bouquins. Du coup aujourd'hui, je ne vois pas pourquoi sortir. Même si du canapé l'extérieur a pourtant l'air blanc calme et que les dernières heures d'une année peuvent toujours être un bon prétexte.
Descendre la rue puis passer le coin du café avec les regards tasses à la main. L'extérieur me semble inhospitalier. Je passe le trajet le lecteur à la main à changer de chanson. Rien ne me plait à écouter alors que ce type se penche bien trop près sur moi. Puis je sature de conversations ressassées en buvant des cafés. Routine et soupirs. Il dit la journée commence enfin et moi je dis au revoir. Et c'est bien plus joli vu du comptoir en bois alors qu'on choisi du vin. Même avec ce garçon qui débarque et nos sourires qui restent un peu crispés. Superposé, dans les creux et par dessus, le mieux.
Je regarde les nuages avancer d'une fenêtre à l'autre. Les pigeons picorer le toit de l'immeuble en face comme s'il était recouvert de miettes façon grande place devant la banque dans mary poppins. Ma journée sous la couette à lire et regarder le temps qui change. A écouter la pluie et revoir le ciel bleu. J'entends les bruits de l'immeuble et les pas des voisins dans l'escalier. Je descends une fois, chercher le courrier que j'attendais. J'acquiesce en lisant qu'elle ne voit pas de but plus grand. Quand je me rends compte que je ne suis pas sortie de chez moi depuis beaucoup d'heures je repense à ce type sur son canapé et sa peur de l'extérieur. Il marche sans bruits, je sursaute aux coups sur la porte et on parle d'aller ailleurs.
A st paul, un jeune homme cheveux en vrac se place où ma jambe était croisée. Je vois une poussière blanche sur son pantalon foncé. Dans mon bouquin, il embrasse une vieille dans un cimetière en pensant à celle qu'il veut. Cette poussière me fixe, j'ai envie de souffler dessus. Tuileries, le rouge et noir va mieux aux blondes. Face au bistrot Marguerite, j'attends le bus et un couple se dispute. Entre le métro et les bus, c'est beaucoup de jolis moments, des prises de tête et un week end presque coché. Ma tête me fait mal quand je regarde au delà du périmètre de sécurité.
Sur fond rouge et face à une jeune fille qui tournicote ses cheveux, je l'écoute me raconter des morceaux de plans. A ce moment là, je revis la scène sur l'herbe et ses doigts qui pianotent sur ma nuque sous mes cheveux. L'alcool lui fait dire quelquechose qui fait un peu fuir ses yeux vers les chaussures foncées de la fille aux cheveux enroulés. Je les regarde un peu pour laisser passer l'idée.
J'ai remonté mes archives. Il est toujours présent en octobre.
Je reste sous l'eau chaude, j'en obtiens de la buée sur 30m² mais pas la disparition du bordel qu'est ce que je fous. J'ai envie de faire cuire des roulés à la cannelle un dimanche matin. Un peu de simplicité et que les mots durent plus longtemps.
Quand c'est comme ca, il a raison, je me triture la bouche. Je m'en rends compte dans le bus, assise à trois sièges du garcon de ma rue qui ressemble à José.
Ne jamais laisser passer une semaine pour faire une betise.